Un espace extérieur de 100 m² aménagé pour héberger des temps de détente et de déjeuner pour cette famille nombreuse, ainsi que pour les hôtes qu'elle accueille dans les dépendances d'une ancienne bâtisse en pierre du 18 ème siècle. Du cachet, de beaux volumes et matériaux à valoriser sur ce projet de rénovation. Le Clos, un espace couvert au sein d'un splendide jardin paysagé.
Les images de ce projet sont des rendus réalistes (projet en cours de conception).












La Terrasse du Clos est née d'une intuition profonde, celle de révéler plutôt que de transformer, de faire parler les murs d'une ancienne étable du XVIIIe siècle nichée sur les coteaux du Lyonnais, à Chaussan, au cœur du Clos du Péret, une adresse de chambres d'hôtes où se croisent vie familiale et art de recevoir. Le point de départ du projet était de structurer une terrasse couverte de 100 m², un grand volume ouvert déjà riche de matières anciennes, pierre, poutres, tuiles, pour en faire un véritable lieu de vie hybride capable de répondre à des usages multiples sans jamais cloisonner l'espace. Il fallait y inscrire un espace repas convivial pour de grandes tablées, un coin détente en libre accès avec canapé Chesterfield chiné et fauteuils suspendus invitant au ralentissement, un espace jeu autour du baby-foot familial existant, et des zones de service autonomes comme un bar à thé pour l'hiver et un bar à sirop pour l'été, le tout pensé pour que chaque hôte puisse circuler librement et s'approprier le lieu à sa manière. Le déclic créatif est venu de l'idée de pousser l'éco-conception encore plus loin en travaillant de la chaux à la terre d'argile, ce matériau ancestral bien moins impactant, autrefois omniprésent dans les fermes et qui trouvait ici une résonance évidente avec l'histoire du bâti. La démarche durable s'incarne à chaque niveau du projet : réemploi du mobilier existant avec une ancienne armoire transformée en bar en libre-service, matériaux naturels et locaux comme l'enduit à la chaux sur les murs et l'enduit à l'argile sur les soubassements et les niches, travertin pour le sol et les marches de l'escalier, terre cuite et grès pour les poteries, appliques et éléments décoratifs, mobilier pérenne, réparable et brut chiné localement, textiles responsables en lin installés aux arches donnant sur la cour intérieure pour gérer avec douceur les transitions entre dedans et dehors tout en favorisant lumière, ventilation et discrétion. Des tuiles anciennes sont détournées en appliques murales, intégrant le patrimoine dans l'usage contemporain, et de grands pots en terre cuite plantés viennent renforcer le lien au jardin paysager environnant. Ce dialogue constant entre intérieur et extérieur, cette écriture indoor-outdoor si signature du studio sur le plongeoir, traverse tout le projet.
Le secret de fabrication réside dans la gestion des volumes, de la lumière naturelle et des contraintes architecturales existantes. Le défi le plus technique a été de camoufler des plots de renfort positionnés sous les poutres porteuses du plancher supérieur sans alourdir visuellement l'espace. Le studio a conçu des pièces en bois monomatière qui viennent habiller ces éléments structurels tout en créant du rythme et de la légèreté. La lumière, enjeu central dans une terrasse couverte qui assombrissait considérablement l'étage, a été repensée grâce à une double porte de type verrière réalisée par un ferronnier local, ouvrant une visibilité sur le jardin arrière et les collines des coteaux du Lyonnais, complétée par des suspensions légères en vannerie et une palette de teintes claires, chaudes et minérales. La palette crée une sensation de fraîcheur essentielle pour ce refuge estival, avec des touches de bleu majorelle et des coussins écrus et jaunes qui apportent soleil et dynamisme. Le dialogue avec les propriétaires, à la fois famille nombreuse et hôtes, a directement influencé chaque arbitrage du projet, notamment sur la définition des usages en libre accès et sur l'évolution des habitudes de construction. Ce qui rend ce projet singulier, c'est aussi la manière dont il questionne les façons de concevoir, en proposant par exemple de passer d'une banquette en parpaing recouverte de chaux à une construction en briques enduite de terre, en interrogeant les propriétés techniques bénéfiques pour la santé, pour le vivant, pour l'environnement, et en mesurant leur impact réel en temps et en coûts. C'est parce qu'il réunit la matière, l'usage et la couleur que ce projet devient une convergence entre les espaces de détente, de repas et d'accueil, traduisant cette recherche d'harmonie entre architecture d'extérieur, décoration durable et usages réels sur les coteaux du Lyonnais, où chaque décision est pensée pour durer et s'adapter aux vies qu'elle accueille.